﻿{"id":212,"date":"2008-10-04T15:31:28","date_gmt":"2008-10-04T13:31:28","guid":{"rendered":"http:\/\/www.anyma.ch\/arbre\/?p=212"},"modified":"2008-10-04T15:31:28","modified_gmt":"2008-10-04T13:31:28","slug":"evolution-de-la-conception-de-la-ville","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/anyma.ch\/arbre\/2008\/10\/04\/evolution-de-la-conception-de-la-ville\/","title":{"rendered":"Evolution de la conception de la ville"},"content":{"rendered":"<p>Extrait de l&rsquo;article <a title=\"&quot;La biodiversit\u00e9 en milieu urbain&quot;\" href=\"http:\/\/www.x-environnement.org\/jr\/JR06\/auroi.htm\">\u00ab\u00a0La biodiversit\u00e9 en milieu urbain\u00a0\u00bb<\/a> de Claude Auroi, Professeur de d\u00e9veloppement rural, Institut universitaire d\u2019\u00e9tudes du d\u00e9veloppement (IUED), Gen\u00e8ve<\/p>\n<div><a href=\"http:\/\/www.anyma.ch\/arbre\/wp-content\/uploads\/2008\/10\/img_18241.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium wp-image-215\" title=\"img_18241\" src=\"http:\/\/www.anyma.ch\/arbre\/wp-content\/uploads\/2008\/10\/img_18241-300x199.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"199\" \/><\/a>(\u2026) il faut avoir en t\u00eate le fait qu\u2019historiquement la ville moderne s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9e contre la nature, qui est le nom traditionnel de la biodiversit\u00e9. La ville planifi\u00e9e du XVIIIe si\u00e8cle, celle des Physiocrates et des Encyclop\u00e9distes a cr\u00e9\u00e9 une nette s\u00e9paration entre ce qui est le biologique non-humain, les plantes, confin\u00e9es \u00e0 l\u2019espace \u00ab jardin \u00bb et \u00ab parc \u00bb, aux fermes hors murs, et le domaine de l\u2019habitat humain. Seuls certains espaces animaliers comme les \u00e9curies pour chevaux avaient droit d\u2019\u00eatre intra-muros, pour faciliter les transports. Ce mod\u00e8le est cependant rest\u00e9 hybride, car les jardins particuliers continuaient d\u2019occuper des arri\u00e8re-cours et des terrains non construits, et les clapiers et poulaillers \u00e9taient partout pr\u00e9sents. Il a fallu attendre les grands travaux urbains \u00e0 la Hausmann pour que l\u2019arri\u00e8re-cour soit r\u00e9duite \u00e0 sa portion congrue, que les b\u00e2timents soient align\u00e9s uniform\u00e9ment et bord\u00e9s de surfaces strictement imperm\u00e9ables, le seuil, le trottoir, l\u2019avenue et la cour b\u00e9tonn\u00e9e, puis goudronn\u00e9e sur l\u2019arri\u00e8re. Le chat et le petit chien, ainsi que le canari et la perruche ont subsist\u00e9 comme animaux de compagnie, et non de rapport, et quelques fleurs ont continu\u00e9 \u00e0 orner les fen\u00eatres. Cette conception de la ville et de la vie a perdur\u00e9 comme \u00e9l\u00e9ment dominant pendant tout le XX\u00e8me si\u00e8cle et commence seulement \u00e0 \u00eatre remise en cause depuis une quinzaine d\u2019ann\u00e9es.<\/div>\n<div><!--more--><\/div>\n<p>La s\u00e9paration ou l\u2019int\u00e9gration ville-campagne a aliment\u00e9 le d\u00e9bat entre architectes depuis un si\u00e8cle, mais surtout entre les deux guerres.<br \/>\nD\u00e8s la fin du XIXe si\u00e8cle na\u00eet le concept de cit\u00e9-jardin, \u00e9labor\u00e9 d\u2019abord par le Britannique Ebenezer Howard, repris en France par Georges-Beno\u00eet L\u00e9vy, et aux Etats-Unis par Frank Lloyd Wright. Dans cette optique la ville doit se naturaliser. Concr\u00e8tement le mode d\u2019habitat pr\u00f4n\u00e9 est celui de maisons familiales entour\u00e9es de jardins privatifs, avec un centre plus urbain abritant les services et commerces. C\u2019est un habitat destin\u00e9 avant tout aux ouvriers, qui leur permet de cultiver un petit lopin de terre et de se recr\u00e9er, en \u00e9vitant de passer trop de temps au bistrot ! Il y a dans cette conception une forte nostalgie du monde rural, et un essai d\u2019hybridation entre les deux mondes, la ville et le village. Frank Lloyd Wright voyait ainsi l\u2019ensemble des Etats-Unis transform\u00e9s en cit\u00e9s jardins, et applaudit lorsque Henri Ford voulut construire une ville pavillonnaire de 120 kms de long pour ses ouvriers.<\/p>\n<p>On peut mentionner aussi certaines villes anglaises, ou banlieues anglaises, o\u00f9 le jardin privatif a jou\u00e9 un grand r\u00f4le. Les exemples fran\u00e7ais sont aussi relativement nombreux, Argenteuil, Suresnes, Stains. Il faut aussi citer les travaux de l\u2019Ecossais Patrick Giddes, qui \u00e9tait un ap\u00f4tre de la combinaison ville-nature \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la premi\u00e8re, et dont la planification de Tel-Aviv dans les ann\u00e9es 1920-40 reste un exemple de ville agr\u00e9able dans sa partie ancienne. L\u2019\u00e9cole du Bauhaus marque un moment important de r\u00e9flexion sur la relation habitat-nature, mais qui finalement a surtout mis l\u2019accent sur les aspects formels et fonctionnels de la construction, les rondeurs des balcons \u00e9tant privil\u00e9gi\u00e9es.<br \/>\nLa conception des cit\u00e9s-jardins n\u2019a pas pu lutter contre le probl\u00e8me de la chert\u00e9 et raret\u00e9 des terrains, et le fait que le d\u00e9veloppement horizontal posait de grands probl\u00e8mes de transport. Mais il \u00e9tait incontestablement un facteur de maintien de la biodiversit\u00e9 et de connaissance de la nature.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s la deuxi\u00e8me guerre mondiale, une autre tendance a mis\u00e9 sur la verticalit\u00e9, le gratte-ciel pour les bureaux et la \u00ab barre \u00bb pour l\u2019habitat. Elle a donn\u00e9 lieu \u00e0 des r\u00e9alisations qui sont encore visibles aujourd\u2019hui.<br \/>\nLes grands exemples en sont Chandigarh, la folie du Corbusier, et Brasilia, celle de Niemeyer. Le Corbusier a \u00e9t\u00e9 le pr\u00e9curseur et le concepteur de la cit\u00e9-satellite moderne avec la Cit\u00e9 radieuse de Marseille, qui dans ses versions les meilleurs march\u00e9s a donn\u00e9 Sarcelles et les Minguettes \u00e0 Lyon, dans des versions classes-moyennes Echirolles \u00e0 Grenoble, et la D\u00e9fense comme centres d\u2019activit\u00e9s. Le Corbusier a certes mis l\u2019accent sur les concepts d\u2019espace (pilotis), d\u2019air pur et de lumi\u00e8re (terrasses), et ainsi, dans un certain sens l\u2019humain s\u2019impr\u00e9gnait d\u2019environnement physique, mais dans ce mod\u00e8le le biologique est totalement absent sur les lieux d\u2019habitat. La conception de base du Corbusier \u00e9tait d\u2019ailleurs explicite : il fallait s\u00e9parer dans l\u2019espace les fonctions d\u2019habitat, de travail (zones industrielles) et de loisirs (parcs r\u00e9cr\u00e9atifs).<\/p>\n<p>A Brasilia le mod\u00e8le a \u00e9t\u00e9 pouss\u00e9 \u00e0 son extr\u00eame puisque m\u00eame les trottoirs ont pratiquement disparu, les parcs sont quasiment absents, et tout l\u2019accent est mis sur la facilitation des transports, la voiture en priorit\u00e9. On aboutit ainsi \u00e0 des villes totalement d\u00e9naturis\u00e9es, fortement polluantes et pollu\u00e9es (rejet de CO2, SO2, autres gaz), uniformes et ennuyeuses.<\/p>\n<p>Friedenreich Hundertwasser (1928-2000) marque une vraie rupture avec les conceptions lin\u00e9aires de l\u2019architecture, car il introduit la non-ligne, ou le segment, comme \u00e9l\u00e9ment-cl\u00e9. Ceci cr\u00e9e une rupture de ligne permanente dans les fa\u00e7ades, les toits et les ouvertures, comme dans la \u00ab citadelle verte \u00bb de Magdebourg, sa derni\u00e8re \u0153uvre posthume. Alors que chez Le Corbusier, Frank Lloyd Wright, le Bauhaus, Niemeyer, Jean Nouvel ou Mario Botta le souci de la non-rupture de continuit\u00e9 est manifeste, chez Hundertwasser la diversit\u00e9 visuelle et fonctionnelle est la pr\u00e9occupation dominante. A cela s\u2019ajoute chez lui une dimension spirituelle qui rompt avec le mat\u00e9rialisme des grands constructeurs du XXe si\u00e8cle, il remet l\u2019habitat dans le Cosmos. Par l\u00e0-m\u00eame, il r\u00e9introduit les \u00e9l\u00e9ments oubli\u00e9s du vivant, dont en premier lieu la v\u00e9g\u00e9tation. Il pr\u00f4ne les toits enherb\u00e9s, les petits jardins-balcons, les fa\u00e7ades vertes.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Extrait de l&rsquo;article \u00ab\u00a0La biodiversit\u00e9 en milieu urbain\u00a0\u00bb de Claude Auroi, Professeur de d\u00e9veloppement rural, Institut universitaire d\u2019\u00e9tudes du d\u00e9veloppement (IUED), Gen\u00e8ve (\u2026) il faut avoir en t\u00eate le fait qu\u2019historiquement la ville moderne s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9e contre la nature, qui est le nom traditionnel de la biodiversit\u00e9. 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