{"id":5,"date":"2012-01-21T19:25:32","date_gmt":"2012-01-21T19:25:32","guid":{"rendered":"http:\/\/anyma.ch\/blogs\/paysages-urbains\/?page_id=5"},"modified":"2012-07-15T07:35:50","modified_gmt":"2012-07-15T07:35:50","slug":"jardins-urbains","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/anyma.ch\/blogs\/paysages-urbains\/jardins-urbains\/","title":{"rendered":"jardins urbains"},"content":{"rendered":"<p>Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;un jardin si ce n&rsquo;est avant tout un lieu o\u00f9 l&rsquo;homme et la nature peuvent cohabiter.<\/p>\n<p>Il y a un texte que Susan George a \u00e9crit pour l&rsquo;expo \u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/www.men.ch\/expositions_detail.asp\/3-0-21293-99-5-4-1\/2-11-21293-21293-99-15-3-1-3-0\/\">Natures en t\u00eate<\/a>\u00a0\u00bb cr\u00e9e en 96 par le Mus\u00e9e d&rsquo;ethnographie de Neuch\u00e2tel. Ce texte m&rsquo;a beaucoup marqu\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque et il m&rsquo;accompagne depuis, j&rsquo;y fait souvent r\u00e9f\u00e9rence. Susan George \u00e9crit:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Je crois devoir vous dire d\u2019entr\u00e9e de jeu : j\u2019ai horreur de la Nature\u00a0; ou, pour \u00eatre plus rigoureuse, j\u2019en ai horreur \u00e0 quatre-vingt-quinze pourcents environ.(\u2026) Mon atlas ne classe que dix-huit pourcents des terres dans la cat\u00e9gorie \u00ab\u00a0arable\u00a0\u00bb. Or, dix-huit pourcents de vingt-neuf (repr\u00e9sentant la totalit\u00e9 des terres \u00e9merg\u00e9es) donne cinq pourcents\u00a0: me voici revenu \u00e0 mon point de d\u00e9part, l\u00e0 o\u00f9 je vous affirmais avoir horreur de la Nature, sauf cinq pourcents. (\u2026) en m\u2019exprimant\u00a0 ainsi, je voudrais souligner que la \u00ab\u00a0Nature\u00a0\u00bb est, de mani\u00e8re proportionnellement \u00e9crasante, compos\u00e9e de lieux o\u00f9 l\u2019homme ne saurait se fixer, de zones o\u00f9 toute existence est pr\u00e9caire. De ce fait, \u00ab\u00a0Nature\u00a0\u00bb n\u2019est pas seulement le terme que l\u2019on a l\u2019habitude d\u2019opposer formellement \u00e0 celui de \u00ab\u00a0Culture\u00a0\u00bb comme les deux p\u00f4les d\u2019une m\u00eame r\u00e9alit\u00e9. Elle \u2013 la Nature \u2013 lui est fondamentalement hostile, elle en est l\u2019antith\u00e8se, elle est l\u2019ennemi absolu de la Culture.<br \/>\nSauf \u2013 et c\u2019est ce \u00ab\u00a0sauf\u00a0\u00bb qui fait toute la diff\u00e9rence \u2013 en ce qui concerne cette petite parcelle b\u00e9nie, cette fraction miraculeuse, ces quelques 10 millions de milles carr\u00e9s sur les 57 millions de terres que comporte le globe et qui sont propices \u00e0 la civilisation.<\/p>\n<p>(\u2026) Ce ne sont pas les contradictions qui manquent, car autant la tr\u00e8s grande partie de la Nature ne m\u2019inspire qu\u2019un d\u00e9sir imp\u00e9rieux et imm\u00e9diat de fuite, autant la tr\u00e8s faible portion accueillante provoque en moi un sentiment qui ressemble \u00e0 de l\u2019amour. (Je dis \u00ab\u00a0ressemble\u00a0\u00bb seulement, car on n\u2019imagine pas un amour sans relation aucune, sans que l\u2019\u00eatre aim\u00e9 s\u2019exprime, ne serait-ce que pour rejeter celui qui aime. La Nature ne fait rien de tel et ne peut avoir une \u00ab\u00a0relation\u00a0\u00bb avec nous).<br \/>\nLa p\u00e9nurie de l\u2019habitat terrestre apte \u00e0 recevoir durablement les hommes plaide en sa faveur\u00a0: l\u2019\u00e9conomiste n\u00e9o-lib\u00e9ral le plus crasse reconna\u00eet que la raret\u00e9 fait le prix. C\u2019est une loi que nous pouvons prendre au figur\u00e9 comme au propre\u00a0: plus une ressource est rare, plus elle devrait non seulement \u00eatre ch\u00e8re, mais nous \u00eatre ch\u00e8re. Ainsi nos pauvres cinq pourcents, nos mis\u00e9rables dix millions de milles carr\u00e9s, deviennent de ce seul fait extraordinairement pr\u00e9cieux. Il ne faudrait pas en laisser perdre une miette, d\u2019autant plus qu\u2019on leur demande tout\u00a0: nous nourrir, nous v\u00eatir, nous abriter et nous fournir de l\u2019\u00e9nergie\u00a0; de recevoir nos villes et nos d\u00e9chets\u00a0; d\u2019accueillir nos morts. Ce sont les seules terres auxquelles nous pouvons imprimer notre culture et il serait bon que nous y r\u00e9fl\u00e9chissions \u00e0 deux fois.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Ce tout petit pourcentage de terres o\u00f9 nous pouvons vivre est notre jardin\u2026 notre bien le plus pr\u00e9cieux\u2026<\/p>\n<p>Autour de cette id\u00e9e de jardins, voil\u00e0 quelques pens\u00e9es qui m\u2019animent\u2026<\/p>\n<ul>\n<li><a href=\"http:\/\/anyma.ch\/blogs\/paysages-urbains\/2012\/01\/agriculture-urbaine\/\">l\u2019agriculture urbaine<\/a> : les jardins en plein air et la production de nourritures \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des habitations.<\/li>\n<li>La souverainet\u00e9 alimentaire et les initiatives qui vont dans le sens d\u2019une production locale\u2026 m\u00eame en partie urbaine\u2026<\/li>\n<li>Le Bien Commun<\/li>\n<li>Les diff\u00e9rentes fonctions du jardin dans la ville<\/li>\n<li><a href=\"http:\/\/www.gillesclement.com\/cat-jardinresistance-tit-Les-Jardins-de-resistance\">Les jardins de r\u00e9sistance<\/a><\/li>\n<li>La notion de \u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/www.gillesclement.com\/cat-tierspaysage-tit-le-Tiers-Paysage\">tiers paysage<\/a>\u00a0\u00bb d\u00e9velopp\u00e9e par Gilles Cl\u00e9ment et qu&rsquo;il d\u00e9fini comme\u00a0 l&rsquo;ensemble des lieux possibles d\u2019accueil \u00e0 une diversit\u00e9 par ailleurs en p\u00e9ril.<\/li>\n<li>Le priv\u00e9 et le public\u2026 la ville, un bien commun<\/li>\n<li>Le cultiv\u00e9 et le sauvage: La mani\u00e8re dont la vie sauvage, animaux, plantes, s\u2019approprie la ville et la ville comme refuge de la biodiversit\u00e9<\/li>\n<li>Les limites entre ce qui est ma\u00eetris\u00e9 et ce qui \u00e9chappe au contr\u00f4le que ce soit sur le plan biologique, architectural, social, culturel, artistique\u2026 la ville comme laboratoire, lieu d\u2019exploration et lieu d\u2019expression des br\u00e8ches, des interstices et des fronti\u00e8res<\/li>\n<li>Les fronti\u00e8res, ce qui se situe entre un espace d\u00e9termin\u00e9 et un autre<\/li>\n<li>Le voyage des graines, les plantes qui se d\u00e9placent naturellement ou avec l\u2019intervention de l\u2019homme<\/li>\n<li>Le jardin, un pr\u00e9texte pour apprendre ensemble, regarder, r\u00e9fl\u00e9chir, cultiver\u2026<\/li>\n<li>Une cartographie des lieux de jardinage possibles<\/li>\n<li>Inventaire des plantes alimentaires que l\u2019on trouve en ville<\/li>\n<li>Les sentiers, les passages qui relient un lieu vert \u00e0 un autre pour l\u2019homme et pour les animaux<\/li>\n<li>Les notions de co-habitations dans un immeuble, dans un quartier. La co-habitation entre les hommes, mais aussi la co-habitation entre les hommes et les animaux, les hommes et le v\u00e9g\u00e9tal. Le r\u00f4le pacificateur de l\u2019intrusion de la nature dans l\u2019environnement humain-urbain.<\/li>\n<li>L\u2019architecture au service du vivre ensemble\u2026 les espaces fronti\u00e8res, les espaces poreux pour se rencontrer et pour permettre aux plantes et aux animaux de vivre pr\u00e8s de nous.<\/li>\n<li>Comment am\u00e9liorer la qualit\u00e9 de vie en ville sans raser, ce qui souvent synonyme de fin de vie. Comment int\u00e9grer, transformer, enrichir et aller vers la faim de vie.<\/li>\n<li>Choisir de vivre en ville pour vivre plus sainement.<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;un jardin si ce n&rsquo;est avant tout un lieu o\u00f9 l&rsquo;homme et la nature peuvent cohabiter. 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