L'arbre en ville » Blog Archive » Miel Béton

Miel Béton

L’année dernière, invités au Théâtre du Merlan, dans les quartiers Nord de Marseille, nous  avons eu le plaisir de rencontrer Olivier Darné, plasticien et apiculteur urbain. Nous avons goûter son “Miel Béton”, pure essence urbaine recueillit à St-Denis, en banlieue parisienne. Son miel est excellent, il l’a d’ailleurs présenter dans des concours de dégustation où il a obtenu des prix. Il a voulu comprendre comment il se fait que, ces abeilles urbaines produisent un si bon miel et il a fait analyser son miel. C’est en se penchant sur les résultats qu’il c’est aperçu que son miel est composé d’une richesse et d’une diversité de pollens exceptionnel, jamais rencontré dans les campagnes, comparable finalement à des miels de montagnes. Il y a bien sûr un certains nombre d’arbres plantés mais, à côté de cela, des friches, de petites zones laissées plus ou moins à l’abandon, des balcons, des ronds points, etc… Il c’est aperçu aussi que les gens transportent des graines, qui dans ces quartiers où il y a une forte densité de population migrantes, il y a aussi des plantes venues d’ailleurs qui conquièrent le territoire. Son miel est donc un concentré de cultures. La biodiversité, reflet exacte de la diversité culturelle.

Fascinée, je lui ai demandé s’il connaissait aussi les problèmes que les apiculteurs de campagnes connaissent avec leurs abeilles, s’il perd des ruches, s’il n’a pas trop de problèmes liées à la pollution. Il m’expliquait alors que ces abeilles produisent beaucoup plus de miel, par ruche, que les abeilles en campagnes et que même les vieux apiculteurs n’ont jamais connu des productions de miel comparables aux siennes. Et qu’en fait beaucoup de plantes, dans ces citées, poussent sauvagement, en toute liberté et en dehors de tout traitement et que donc, contrairement aux apiculteurs de campagne il ne connaît pas tous problèmes liés aux produits phytosanitaires répandu sur les cultures.

Nous l’avons rencontré en décembre de l’année dernière, il venait de poser ces ruches sur le toit du Théâtre du Merlan, un toit qui borde l’autoroute, le gigantesque parking d’un hypermarché Carrefour, dans le bâtiment duquel se trouve le Théâtre et, pour le reste, les barres et les tours d’habitations. Tout n’est pas asphalté autour des habitations, il y a quelques terrains vagues. Juste en face du Théâtre du Merlan une tour à été détruite, parce que la densité de population dans le quartier était supérieur à la norme établie…  L’habitat n’a pas été repensé, raser une tour fut la solution adoptée par les autorités. (Alors que pour les habitants de la tour cela signifiait perdre non seulement leur logement, mais être dans l’obligation de quitter ce quartier où ils ont leur identité…)
En décembre, Olivier Darné à montré les ruches aux habitants du quartiers et beaucoup d’enfants sont montés avec lui sur le toit du Théâtre pour un lâcher de ballons auxquels étaient attachés de petits sachets contenant des graines de plantes mellifères. Grâce à de petits trous, les graines pouvaient s’échapper et se répandre dans le quartier préparant ainsi le terrain aux abeilles qu’il a placé dans les ruches au début du printemps.



Laissez un commentaire

Commentaire