La cour de Geneviève
Geneviève dépose jeudi à l’Office de l’Arbre en Ville l’histoire de la cour de la maison de la maison qu’elle habite en basse ville et qu’elle a aménagé à son goût.
« Dans cette cour, il y avait un invraisemblable bric-à-brac, de vieilles planches, de la ferraille, des étendages en ruines et la vieille buanderie d’où émanait des odeurs d’égouts. Il ne manquait que les rats! Il y avait des herbes folles et beaucoup d’orties peu adaptées au fait que cette cour était l’aire de jeu des enfants. Mes filles ont apprit à faire du vélo là, enfin dans cet espèce de couloir de 3 mètres environ encombrée de cagibis de bois, comme dans les caves. Ils étaient complètement pourrit, et bourré de trucs déposés au fil des ans. C’était très sale et humide. Pour donner plus d’espace aux enfants j’ai commencé par débarrasser la cour et je suis tombée sur trois bacs à lessive en zinc, trois belles bassines. La présence des bassines et de la fontaine témoigne du fait que ce lieu était dédié à la lessive.
J’ai été chercher de la terre au bord de la Sarine et dans la forêt avec mon seau, des kilos de terre! Très peu de soleil entrait dans la cour, pas plus d’une heure et demi en été parce que c’était très rétrécit et qu’il y avait encore tous ces cagibis. Chaque fois que j’allais faire des petites virées en forêt, je me retrouvais dans un endroit où je me disais: tiens on se croirait dans ma cour. Alors j’ai ramassé des fougères, des plantes que je ne connaissais pas, des petites branches de trente centimètres que j’ai planté comme ça “au petit bonheur la chance” en me disant si ça marche tant mieux, si ça ne marche pas tant pis. Petit à petit, dans mes bassines, une petite forêt est apparue. En ce moment les feuilles commencent à tomber.
Il y a trois-quatre ans on a rénové la cour, enlevé les cagibis, refait les murs à la chaux. Les arbres étaient assez fins mais déjà plus haut qu’un homme, ils étaient blancs, couvert de chaux, ils ont perdu leurs feuilles et j’ai cru qu’ils ne survivraient pas. A cause des travaux qui ont duré longtemps on a plus utilisé la cour. Mais quand elle était terminée j’ai pu mettre ma petite forêt près d’un endroit qui est maintenant convivial, où on peut mettre des chaises et des tables. Les arbres partagent plus ou moins la cour et permet à chacun d’avoir un espace délimité par de la verdure ce qui amène vraiment un plus. Maintenant on a réussit à en mettre un peu plus, plutôt des plantes qui forment une haie. Je n’ai absolument rien acheté, tout vient de la forêt, j’ai le sentiment d’avoir amené un petit bout de forêt dans la ville. Pour mes 50 ans j’ai demandé des arbres alors j’ai un houx, un palmier. Il y a même un olivier, c’est la voisine qui l’a mit. Il y a eut des moments plus difficiles, les arbres ont été malades l’année passée, ils n’étaient vraiment pas en forme et puis cette année, ils sont super beaux !
Je suis venue vous raconter cette petite histoire parce que je la trouve assez amusante. J’avais besoin de cette verdure, cette cour était noire et triste et maintenant elle est resplendissante. Le soleil entre aussi mieux depuis que la cour est débarrassée de ce qui l’encombrait et qu’elle est plus large. Le soleil est l’a plus longtemps et on peut se déplacer soit pour se protéger de ses rayons, soit pour les avoir. En été, quand le soleil est très haut, bien au-dessus il y fait vraiment chaud. Mais la plus part du temps, la cour à plutôt une ambiance de sous-bois.”
