Le cyprès chauve et sa forêt
Laurence est venue nous raconter l’histoire d’une petite forêt sauvée dans le quartier du Schoenberg. Elle se trouve le long du chemin des Kybourg, la pointe de cet espace vert se termine là où le chemin des Kybourg rejoint la Route Saint-Barthélémy. Laurence savait, par des voisins inquiets, ces arbres menacés par un projet de construction, elle a fait venir un forestier et a répertorié les arbres avec lui. Ce sont des arbres remarquables, tous d’espèce différente. Près du chemin des Kybourg se trouve un cyprès chauve, un arbre qui peut vivre plusieurs centaines d’années, c’est lui qui lui a mis la puce à l’oreille, il est appelé “chauve” parce que c’est un résineux qui après s’être orné de couleurs automnales magnifiques, perd ses aiguilles. Incognito, se cachant des promoteurs, elle a photographié les arbres, pour qu’ils soient montrés aux habitants du quartier et lors de son entrée dans le jardin, a rencontré Sœur Mercedes, une religieuse aujourd’hui certainement âgée qui a planté tous ces arbres. Sœur Mercedes lui a raconté l’histoire de chaque arbre et comment elle a ramené une pousse du sud de la France, une autre d’ailleurs. Chaque arbre a son histoire et Sœur Mercedes est porteuse de leur mémoire. Les habitants du Schoenberg se mobilisent, prennent
conscience de l’importance de ce site et parviennent à empêcher l’abattage.
Laurence est enseignante et, à proximité de son école il y a aussi des arbres. Elle me raconte que, le moment de la taille des arbres est toujours un moment particulier, intense, un moment où il se passe des
choses pour les enfants. C’est au fil des années qu’elle a pris conscience à quel point c’est un moment marquant pour les enfants, les arbres sont taillés pour mieux croître, pour donner des fruits, d’une
certaine manière, les enfants eux aussi subissent certaines “blessures” qui, si elles sont prisent en considération et soignées peuvent leur permettre de grandir. Ces blessures, ces coupes peuvent nous aider
à nous développer, à grandir.
La forêt du cyprès chauve se trouve elle aussi près d’une école de langage et pour Laurence, il était essentiel que ces enfants puissent poursuivre leur croissance à côté de ces arbres, que ce lien subtil et mystérieux entre les enfants et les arbres qui leurs sont proches ne soit pas rompu.
