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Ballade à la source des éléments

Alejandra Brunner et Brigitte Imhof sont venues au vernissage et elles nous ont apporté le dossier d’une exposition qu’elles ont présenté en mai 2006 à Fri-Son Platform… ballade à la source des éléments, air, terre, feu… sources élémentaires des sens… Là où naissent les essentiels sens des valeurs…

Voici quelques extraits:

Démarche

De la réflexion à l’installation…

Au début il y a eu une réflexion autour du thème de la méditation, du fait de transcender la vie terre-à-terre pour aller au delà et au de-ça, à la source. Notre hypothèse autour de cette thématique était de se dire que l’on ne peut pas transcender sans connaissance, nous avons essayé d’observer comment “cette connaissance” se forme dès la naissance sur Terre.

Objectivement on est entourés de choses qui ont comme source des éléments matériels élémentaires, nous les avons choisis parmi le Feu, l’Eau, la Terre et l’Air on y a ajouté le Métal et le Bois. C’est dans le Tao entre autres que nous avons puisé l’inspiration des inter-relations étroites de ces éléments avec les 5 sens, les couleurs et les formes…
Les premières expériences qu’on fait dans la vie se réalisent à travers les sens (toucher, odorat, vue…)
Par ces expériences primaires on formule un sens des choses, une connaissance. L’interprétation de ces expériences peut se communiquer et se transformer en acte créatif. Transcender est : aller au delà de l’expérience du premier stade de connaissance. Transcender est : donner de la valeur…

Cette installation est le résultat d’une interprétation de cette expérience : “ de la matière aux sens, et du sens à la matière”.

Connaître ce qui nous entoure, pouvoir faire l’expérience physique des éléments, ressentir nos sens sensibles et ouverts à la vie nous permet plus aisément de passer à l’intérieur de nous-mêmes et en même
temps de nous en extraire pour rejoindre l’état de “transcendance”, de “méditation” ou “d’unité”

L’ARBRE UN REGARD
des feuilles comme des milliers d’yeux je ne cesse de penser à ce que  j’ai fait subir à la nature et savoir qu’elle s’en souvient…

enfermé
cloisonné derrière des barreaux…
un bel arbre
extirpé de sa Nature
par ses milliers de feuilles
milliers d’yeux
pose son regard de milliers d’années
sur moi
qui
l’a
si joliment
manipulé

La nature se souvient de sa Nature
elle en reprendra les droits
et alors
quel sera le verdict
pourrais-j’encore
regarder
me regarder en face

Selon la relation des éléments dans le TAO :

BOIS
VERT
VUE
VERT. + HOR.
FORME CARREE
CUBE

BRAINSTORMING
ORAGE-MENTAL
IMAGES EN VRAC

BOIS VERT REGARD
ARBRE FEUILLAGES
FORET ABRIS MAISON
CUBE CAGE JARDIN
REPOS YEUX
LE-REGARD-DE-LA-NATURE
TOUT COMMENCE DE LA TERRE OU L’EAU LE FEU L’AIR LE METAL ET LE BOIS NAISSENT BIEN AVANT L’HOMME.

Nous sommes nés de cette source terre, où nous grandissons, grâce à elle, à travers elle, avec elle pour voir naître encore et toujours nos sens au-delà du matérialisme humain. Grâce aux forces naturelles
nous recevons l’espoir de grandir…
C’est par la Nature que notre âme et notre cœur sont vivifiés. Ecouter les sens de la Nature, écouter le potentiel de vie s’épanouir en nous et aller au-delà de la résonance humaine.
Peut-on encore reconnaître en la Terre, la Vie qui nous a été donnée?
Dans le “silence” de la Nature, n’est-il pas le sens de nos valeurs, naît-il pas l’amour?
A quoi tu penses?
A la magie…
Ah bon… t’as pas autre chose de concret?
Quoi de plus concret, tu n’as jamais l’impression que tout est magique?
Le fait d’être là, respirer, sentir, voir, pouvoir goûter et toucher
le monde?
Si tu le dis!?!? Mais moi ça me paraît normal, banal, pourquoi perdre du temps avec ça… ça coule de source.
Voilà tu l’as dit : ça coule de source… Quelle Source? Viens on va voir plus loin…
Comment, où veux-tu aller?
Ici…nulle part… au delà… à la source… on réfléchit quoi… quand on y pense… ça te fait quoi de regarder? Es-ce seulement repérer les choses, l’espace, reconnaître ce qui l’entoure…? Ou ça te donne une vision, ça te permet de comprendre. de te situer, de ressentir… ce qui fait qu’à travers ton regard regard t’établis une relation aux choses, relation personnelle et unique, différente de la mienne et ce-ci même qu’il s’agisse du même “objet” que je suis en train de regarder…
Sans la vue tu n’as pas d’image et sans éléments concrets ta vue ne te sert à rien… Sans cette inter-action entre le sens de la vue et les éléments il manquera quelque chose à l’expérience… à la connaissance…
Ainsi j’imagine que ça se passe aussi plus ou moins intensément avec les autres sens…

MYTHOLOGIE

Au delà des Ages…

Le feu éclairait de mille flammes, virevoltait, fou de ne pas savoir où s’arrêter
L’eau était une cascade infinie, venue du tréfonds du cosmos, tombant éternellement dans un silence insondable
La Terre, graine de poussière, laissait sa trace d’un chemin solitaire sillonnant l’espace sidéral
Le Vent, grand voyageur sans but, fit la rencontre du Feu. Lui tournant autour lui-dit:
-Tu sembles si heureux dans ta danse lumineuse…
Oh, détrompes-toi mon ami… -dit le Feu – Je danse ainsi car c’est mon rituel pour invoquer le Grand Esprit, j’ai espoir qu’il entende ma requête… – et il ajouta – je me sens très seul, je ne trouve plus aucun sens à cette folle et solitaire danse. Parfois j’aimerais seulement m’endormir tranquillement et ne pas être contraint à briller ainsi.
Moi aussi je cherche le Grand Esprit, j’aimerai lui demander comment pouvoir arrêter mes courses et tourniquets, mes vagabondages et pérégrinations sans but. Comment pourrais-je m’arrêter et entendre un
autre chant que celui de mon propre sifflement… – réfléchit le Vent
Se découvrant ainsi un même destin, le Vent et le Feu partirent ensemble. Leur danses cosmiques les amenèrent vers la Cascade Infinie.
Qu’est-ce que tu es belle à travers la nuit! – s’exclama le Feu – Tu tombes si droite… si tranquille… tu n’as pas a te retordre et  virevolter dans tous les ses comme moi!
Oh, ne te trompes pas mon ami. Ce que tu vois ce sont les larmes nées de ma solitude, je vais à la recherche du Grand Esprit, Source de ma propre source, Sens de mon propre ressentir… Rien pour arrêter ma chute, mon propre courent m’entraîne chaque instant un peu plus loin de ma propre origine.
Le Vent prit alors conscience qu’aucun bruit sortait de l’Eau, et même lui ne put s’empêcher de siffler sa tristesse.
Le vent poussa de souffle l’Eau et firent chemin ensemble avec le Feu. Ils avançaient dans l’infini, parlèrent et laissèrent de longs silences remplir d’émotion leurs douleurs semblables.
Distraits dans leurs pensées ils ne s’aperçurent pas que devant eux s’étirant comme un voile de mariée, s’étalait une langue serpentine de poussière. Ils culbutèrent avec grand fracs et dans le soubresaut du choc ils essayèrent de se démêler dans le tumulte… Mais le nœud était tel que la seule chose qu’ils réussirent à faire c’était de se mélanger de  plus en plus…
Désolés par ce chaos le Vent, le Feu et l’Eau ne savaient pas comment  s’excuser auprès de la Poussière…
Quelle désolation! Quelle catastrophe! Qu’est-ce qu’on a fait! – ils se lamentaient.
Oh, non, ne vous méprenez pas comme ça! – dit enfin la Poussière – Notre rencontre elle s’est faites sans aucun doute à travers une catastrophe qui nous a tous bouleversés, nos destins si lointains se sont entremêlés. Regardez-nous, regardez ce qu’on est devenus, comment on s’est transformés! Moi-même, voile de poussière, mélangée à l’Eau je deviens boue… Toi le Feu, tu es maintenant dans mes entrailles,
avec ta chaleur je prends forme et consistance de Terre. Le Vent, avec tes courants, typhons et tourbillons t’as poussé, excavé, lissé ma surface créant ainsi vallées et montagnes, conques, crevasses et plaines. Tournant ainsi emmêlés je me suis sentie moins seule, je me suis transformée ainsi que mon destin. Gloire à l’Esprit omniprésent qui vous à amenés jusqu’à moi!-
Tous restèrent surpris et perplexes…
Maintenant l’Eau muette, chantait en cascades et rigoles, en fleuves et marées sur la surface de la Terre.
Le Feu enfin reposait dans ses viscères et de temps en temps sortait en danses volcaniques.
L’Eau et le Feu fécondaient la Terre et le Vent la berçait et s’agrippait aux sommets ou sur les plus hautes branches des arbres pour se reposer.
Les nuits ils chantaient la joie de s’être rencontrés… et l’Hymne à la Vie prenait son envol au delà du Temps et de l’Espace…
Alors le Grand Esprit sourit… et avec son souffle d’Amour enlaça ses
enfants enfin réunis!

(texte Mythologie de Alejandra Brunner)



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