L'arbre en ville

Interview: Le Jardinier de la Ville

Un entretien avec Thierry Wieland, jardinier de la ville de Fribourg.

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Arbre près de la cathédrale

Michael et Dimitri de la classe de Pré formation professionnelle de Villars Vert, viennent de nous envoyer ces photos et le commentaire suivant:

Nous avions choisis cet arbre parce qu’il était près de la cathédrale et il était magnifique et beau .
Il est très rare, nous n’en avons pas vu d’autres.
Michael et Dimitri

A quoi servent les arbres en ville ?

Route des Bonnesfontaines

Route des Bonnesfontaines

« Pour en revenir à la question utilitariste « à quoi ça sert la biodiversité », il faut d’abord rappeler que l’homme a une tendance historique à repousser la coexistence avec les plantes, et surtout les animaux. Des questions d’hygiène (rats comme vecteurs de la peste et du choléra, blattes, puces, poux), des craintes infondées mais réelles (le serpent, l’araignée), d’esthétique (crottes), et de standing (les herbes folles font « désordre »), ont conduit à une sélection rigoureuse des espèces et variétés admises, et du rejet des autres.
Mais on a oublié toutes les vertus possibles de l’extension de la biodiversité dans les villes.

1. La biomasse en général joue un rôle régulateur du climat, elle va rafraîchir des atmosphères généralement trop chaudes de 2-3 degrés dans les villes.

2. Outre la régulation thermique, la biomasse humidifie l’air, généralement trop sec en ville.

3. Enfin, cette biomasse absorbe et recycle le CO2 émis en trop grandes quantités, et un bon nombre de plantes peuvent jouer un rôle de régularisation de l’émission d’autres gaz à effet de serre.

(…)On peut naturellement trouver d’autres avantages à la biodiversité en milieu urbain, mais l’effort à faire est de les placer tous dans une perspective cohérente de l’aménagement urbain futur, et non pas de les voir comme des éléments dispersés. Cette perspective doit aussi être réaliste, il ne s’agit pas de retourner le plus possible à un « état de nature rousseauiste » qui n’a probablement jamais existé. Il ne s’agit pas non plus de supprimer la ville, ou de recréer des cités-jardins autosuffisantes, mais il s’agit de verdir la ville, dans une approche fonctionnelle, économique, esthétique et ludique. Pour cela il faut avoir en tête un modèle qui va au-delà de mesures partielles comme le verdissement des toits, l’extension végétale ou la création de prairies de compensation.
Le concept qui doit nous guider doit s’appuyer sur une théorie de l’homme et de la nature intégrant l’un et l’autre et l’un à l’autre. Il doit aussi se concevoir dans une perspective de durabilité et d’équilibre. Enfin il doit être holistique, toucher à tous les domaines de l’urbain, et pas seulement à la biodiversité. »

Extrait de l’article « La biodiversité en milieu urbain » de Claude Auroi, Professeur de développement rural
Institut universitaire d’études du développement (IUED), Genève

Evolution de la conception de la ville

Extrait de l’article « La biodiversité en milieu urbain » de Claude Auroi, Professeur de développement rural, Institut universitaire d’études du développement (IUED), Genève

(…) il faut avoir en tête le fait qu’historiquement la ville moderne s’est développée contre la nature, qui est le nom traditionnel de la biodiversité. La ville planifiée du XVIIIe siècle, celle des Physiocrates et des Encyclopédistes a créé une nette séparation entre ce qui est le biologique non-humain, les plantes, confinées à l’espace « jardin » et « parc », aux fermes hors murs, et le domaine de l’habitat humain. Seuls certains espaces animaliers comme les écuries pour chevaux avaient droit d’être intra-muros, pour faciliter les transports. Ce modèle est cependant resté hybride, car les jardins particuliers continuaient d’occuper des arrière-cours et des terrains non construits, et les clapiers et poulaillers étaient partout présents. Il a fallu attendre les grands travaux urbains à la Hausmann pour que l’arrière-cour soit réduite à sa portion congrue, que les bâtiments soient alignés uniformément et bordés de surfaces strictement imperméables, le seuil, le trottoir, l’avenue et la cour bétonnée, puis goudronnée sur l’arrière. Le chat et le petit chien, ainsi que le canari et la perruche ont subsisté comme animaux de compagnie, et non de rapport, et quelques fleurs ont continué à orner les fenêtres. Cette conception de la ville et de la vie a perduré comme élément dominant pendant tout le XXème siècle et commence seulement à être remise en cause depuis une quinzaine d’années.
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Entre Nature et Culture

Cheminée de Chocolat Villars

Cheminée de Chocolat Villars

Le texte suivant est de Susan George. Il ne fait pas de référence direct à l’arbre. Mais j’ai choisi d’en publier ici quelques extraits parce que c’est un texte qui, depuis que je l’ai lu, en 1996, me revient cycliquement en tête et j’y ai repensé en ces temps où nous pensons « Arbre ». L’arbre est un puissant symbole de la nature, il est une part de nature en ville, mais d’une nature pensée, voulue, réfléchie, le reflet d’une intention. Une intention qui peut être, urbanistique, architecturale, politique ou encore le désir d’un jardinier. Mais, d’une manière ou d’une autre, il est certain  qu’un arbre en ville n’est jamais tout à fait là par hasard, même s’il est une part de nature, il n’est pas « la nature sauvage ». Soit il a été planté et sa présence en ce lieu est le fruit d’une intention, soit il a poussé spontanément et s’il est toujours là c’est qu’il y a eu une volonté de le laisser croître. L’arbre en ville est le reflet d’une culture. La place accordée à la nature en ville est affaire de culture, de courants, de modes, cette place n’a d’ailleur pas toujours été la même au fil des siècles. Plus je travaille sur l’arbre en ville, moins je le vois en tant qu’élément isolé. La ville est un ecosystème, les hommes, les végétaux, l’habitat, les animaux, l’activité humaines, toutes ces choses co-habitent et s’influencent les unes les autres. C’est dans cette réflexion nature-culture que je trouve que ce texte à sa place ici. Susane George l’a écrit pour l’exposition « Natures en tête », présentée en 1996 au Musée d’ethnographie de Neuchâtel.

A Monsieur le commissaire de l’exposition « Nature en tête »
Susan George
Lardy, janvier 1996

Je crois devoir vous dire d’entrée de jeu : j’ai horreur de la Nature ; ou, pour être plus rigoureuse, j’en ai horreur à quatre-vingt-quinze pourcents environ.(…) Mon atlas ne classe que dix-huit pourcents des terres dans la catégorie « arable ». Or, dix-huit pourcents de vingt-neuf (représentant la totalité des terres émergées) donne cinq pourcents : me voici revenu à mon point de départ, là où je vous affirmais avoir horreur de la Nature, sauf cinq pourcents. (…) en m’exprimant  ainsi, je voudrais souligner que la « Nature » est, de manière proportionnellement écrasante, composée de lieux où l’homme ne saurait se fixer, de zones où toute existence est précaire. De ce fait, « Nature » n’est pas seulement le terme que l’on a l’habitude d’opposer formellement à celui de « Culture » comme les deux pôles d’une même réalité. Elle – la Nature – lui est fondamentalement hostile, elle en est l’antithèse, elle est l’ennemi absolu de la Culture.
Sauf – et c’est ce « sauf » qui fait toute la différence – en ce qui concerne cette petite parcelle bénie, cette fraction miraculeuse, ces quelques 10 millions de milles carrés sur les 57 millions de terres que comporte le globe et qui sont propices à la civilisation.
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L’arbre toboggan

A Überlingen en Allemagne, dans un parc, il y a un arbre comme un toboggan. Je l’aime beaucoup. Chaque fois que je vais là-bas, chez mon cousin, je vais faire du toboggan dans l’arbre.
Il n’y a pas d’arbre toboggan à Fribourg

Nell

La réitération, ou l’arbre immortel

De récentes découvertes mettent en évidence une manière radicalement nouvelle de voir l’arbre. L’arbre ne serait pas un individu mais une colonie, ce qui le rend immortel:

Les Vieux-Chênes, Schöenberg

Les Vieux-Chênes, Schöenberg

« La réitération est la levée de bourgeon qui peut être située sur le tronc ou quelque fois à la base des troncs, ou bien vous pouvez avoir des réitérations tout au pied de ça. C’est considéré aujourd’hui comme un ensemble. C’est à dire capable, si l’axe principal disparaît de ré-émettre d’autres sujets et finalement sur ces sujets, des sujets secondaires qui ont leur individualité. Bref, au bout d’un moment les scientifique sont venu à considérés, et c’est très récent que l’arbre n’était pas un individu mais une colonie et que chaque branche avait une sorte d’indépendance, y compris avec sa relation aux racines, tandis que l’axe devenait quelque chose de strictement mécanique pour porter la colonie, comme un massif corallien, si vous voulez. Et du coup, la réitération apparaît à chaque fois, c’est presque une manière de se rendre immortelle, parce qu’il se rajeuni, mais c’est toujours le même sujet finalement. C’est des comportements très mystérieux parce qu’on ne fait que découvrir progressivement toutes ces choses. C’est valable pour tous les arbres qui ont de vrais troncs. Sur les arbres, la partie vivante se trouve à l’extérieur, elle habille un axe mécanique, mais qui lui n’a pas de vie, qui est juste pour porter. Et la vie est située derrière l’écorce » Gilles Clément

Pour en savoir plus:

Une vidéo de Gilles Clément, expliquant la réitération:

Francis Hallé

« Les arbres ne sont pas programmés pour mourir »

Miel Béton

L’année dernière, invités au Théâtre du Merlan, dans les quartiers Nord de Marseille, nous  avons eu le plaisir de rencontrer Olivier Darné, plasticien et apiculteur urbain. Nous avons goûter son “Miel Béton”, pure essence urbaine recueillit à St-Denis, en banlieue parisienne. Son miel est excellent, il l’a d’ailleurs présenter dans des concours de dégustation où il a obtenu des prix. Il a voulu comprendre comment il se fait que, ces abeilles urbaines produisent un si bon miel et il a fait analyser son miel. C’est en se penchant sur les résultats qu’il c’est aperçu que son miel est composé d’une richesse et d’une diversité de pollens exceptionnel, jamais rencontré dans les campagnes, comparable finalement à des miels de montagnes. Il y a bien sûr un certains nombre d’arbres plantés mais, à côté de cela, des friches, de petites zones laissées plus ou moins à l’abandon, des balcons, des ronds points, etc… Il c’est aperçu aussi que les gens transportent des graines, qui dans ces quartiers où il y a une forte densité de population migrantes, il y a aussi des plantes venues d’ailleurs qui conquièrent le territoire. Son miel est donc un concentré de cultures. La biodiversité, reflet exacte de la diversité culturelle. Lire la suite »

Pensées et citations

Au-delà de l’apport de verdure, d’oxygène, d’ombre, planter un arbre en ville est aussi un acte culturel et symbolique.

L’arbre donne à la ville son rythme propre, sa mesure du temps.

Quand un arbre est à la ville, est-il aussi le nôtre?

La ville pourrait devenir le lieu de protection de la diversité

Que vous inspire le jardin carré au bas de la rue?

Que vous inspire la friche de la rue des Arsenaux?

Avez-vous, dans cette ville, un arbre auquel vous parlez parfois?

On passe d’une économie de production à une régie économique entièrement gouverné par le capitalisme financier qui est entièrement déconnecté du capitalisme productiviste, comme une bulle. Et maintenant nous sommes dirigés par cette économie qui fonctionne toute seule, pour elle même, dans une absolue amoralité.
Breveté le vivant, marchandiser la nature, nous sommes dans une économie qui soustrait le bien commun, l’espace public, le bien commun, tout ce qui peut-être partageable.
Gilles Clément

Le patrimoine culturel de la ville, ses espaces communs, son atmosphère sont aussi les nôtres.
La ville appartient à nos identités et nos identités créent la sienne.

“Contrairement à ce que l’on pourrait penser, une ville n’est pas forcément pauvre en biodiversité. Des études faites en Suisse ont montré qu’à Zurich (1 million d’habitants) vivent 1211 espèces végétales, soit deux fois plus d’espèces végétales que dans une zone de même surface du Plateau suisse. A Zurich toujours, on dénombre aussi 4-5000 hérissons et la densité de renards y est dix fois plus élevée qu’en campagne (2). On retrouve la même diversité et densité dans des villes plus grandes, comme Manhattan qui a la plus forte densité de faucons pélerins au monde. Les villes moyennes sont tout aussi riches et concentrent beaucoup d’espèces végétales et animales sur une faible surface. En outre, le milieu urbain est devenu le refuge de nombreuses espèces menacées, figurant sur les « listes rouges » de l’UICN ». Claude Auroi

La ville a besoin
de friches,
d’interstices,
de zones,
grandes ou minuscules, qui échappent au contrôle.

(…)les centres commerciaux tendent à s’affirmer comme des lieux de vie publique, des vecteurs de vie sociale : les gens s’y rendent pour les achats, mais aussi pour déambuler et pour les loisirs (fitness, coiffeurs, etc.), les rencontres. L’on peut donc se demander si la place, faite de pierres, d’arbres et de fontaines va progressivement être substituée par le « forum » du centre commercial moderne, en verre, en plastique et en néons. La reconquête du centre-ville :  du patrimoine à l’espace public Thèse présentée à la Faculté des sciences économiques et sociales de l’Université de Genève par Véronique Stein

Nous sommes en ville et nous sommes aussi la ville.
Nous la constituons de nos cultures, de nos territoires pensées,
de nos relations, de nos manières d’être et de notre art de la vivre.

La ville nous influence et nous l’influençons.

La propreté est une notion dramatique qui n’a rien à voir avec la biologie.Gilles Clément

Les vieux arbres sont souvent tronçonnés pour des raisons de sécurité.
Insécurité et piment ne serait-il pas synonymes?

L’arbre n’est-il pas parfois considéré comme un simple mobilier urbain?

Quels sont les arbres à palabres de Fribourg?

Le Fantome du Tilleul

Avec ma classe de Pré formation professionnelle de Villars vert, nous avons repris le thème l’arbre en ville
Voilà le premier groupe : le tilleul de Morat
1. histoire du tilleul
2. photos en ville
3. essai de retouche à l’ordinateur

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