Le Jardin aux Betteraves

Cette friche, Louis Yerly l’a baptisée le Jardin aux Betteraves en hommage et clin d’œil au théâtre, à Roland Dubillard et à sa maison de la culture. Un nom pour mêler vie culturelle et betteraves… puisque nous avons créé un jardin sur cette friche.

Pour le jardin potager nous avons reçu de la terre végétale et c’est une couche de 30 cm de terre qui recouvre le terrain sur l’emplacement du jardin. Nous n’avons pas fait analysé la terre de la friche mais elle est probablement pollué puisque nous sommes sur un lieu industriel, à l’emplacement de l’ancienne fonderie.

Cette terre est apportée est un peu argileuse mais les légumes s’y épanouissent bien.

J’ai aussi tenté de faire un petit jardin en carré de 1,20 par 1,20 avec de la terre bio. J’avais envie d’expérimenter cette manière de cultiver pensée spécialement pour des espaces réduit en milieu urbain.

Le chou-pomme de mon micro-jardin.

Mais le Jardin aux Betteraves est bien plus qu’un simple jardin…

Bien évidement nous n’allons pas atteindre l’autosuffisance alimentaire avec notre petit bout de terre. Il y aura au plus quelques salades, radis et fleurs de bourrache pour les personnes qui viendront manger sur la friche mais ce lieu se veut un symbole, une utopie, une brèche, un lieu d’expérimentation à la fois de modes de cultures, au sens de faire pousser des légumes et de lieu culturel en marge de l’offre culturelle établie et subventionnée par la ville ou le canton.

La biodiversité qui c’est installée sur cette friche en plein cœur de la ville, cet espace de vie sauvage, ce poumon est une sorte d’appel à une forme de liberté. Bien évidement ce lieu est fragile et l’étang de la friche disparaîtra dans 3 ans sous les griffes des pelles mécaniques. Mais aujourd’hui il est là, bien là, foisonnant, croassant et gazouillant nous rappelant qu’il suffit que l’homme ne retire ne serait-ce qu’un peu son empreinte pour que le sauvage reconquière ces anciens territoires.

En lisière de la friche il y a une odeur de forêt, une atmosphère de forêt. A n’en pas douter, un jour elle était là, souveraine et y a laissé un peu de son âme malgré toutes les blessures infligée à ce bout de terre. Cette friche me porte et me nourrit du courage qu’à la vie de renaître sans fin.

Le Jardin aux Betteraves est aussi ça, une tentative de cohabitation entre la vie sauvage et la culture sauvage… oh, pas bien dangereuse ou méchante, juste celle qui peut jouer, s’approprier ou parfois déjouer les règles de l’urbanité tel le liseron qui sait parfois profiter des supports de l’éclairage publique pour s’élever.

La friche est sérieuse et elle est jeu, poétique et magnétique.

 

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