jardins urbains

Qu’est-ce qu’un jardin si ce n’est avant tout un lieu où l’homme et la nature peuvent cohabiter.

Il y a un texte que Susan George a écrit pour l’expo « Natures en tête » crée en 96 par le Musée d’ethnographie de Neuchâtel. Ce texte m’a beaucoup marqué à l’époque et il m’accompagne depuis, j’y fait souvent référence. Susan George écrit:

« Je crois devoir vous dire d’entrée de jeu : j’ai horreur de la Nature ; ou, pour être plus rigoureuse, j’en ai horreur à quatre-vingt-quinze pourcents environ.(…) Mon atlas ne classe que dix-huit pourcents des terres dans la catégorie « arable ». Or, dix-huit pourcents de vingt-neuf (représentant la totalité des terres émergées) donne cinq pourcents : me voici revenu à mon point de départ, là où je vous affirmais avoir horreur de la Nature, sauf cinq pourcents. (…) en m’exprimant  ainsi, je voudrais souligner que la « Nature » est, de manière proportionnellement écrasante, composée de lieux où l’homme ne saurait se fixer, de zones où toute existence est précaire. De ce fait, « Nature » n’est pas seulement le terme que l’on a l’habitude d’opposer formellement à celui de « Culture » comme les deux pôles d’une même réalité. Elle – la Nature – lui est fondamentalement hostile, elle en est l’antithèse, elle est l’ennemi absolu de la Culture.
Sauf – et c’est ce « sauf » qui fait toute la différence – en ce qui concerne cette petite parcelle bénie, cette fraction miraculeuse, ces quelques 10 millions de milles carrés sur les 57 millions de terres que comporte le globe et qui sont propices à la civilisation.

(…) Ce ne sont pas les contradictions qui manquent, car autant la très grande partie de la Nature ne m’inspire qu’un désir impérieux et immédiat de fuite, autant la très faible portion accueillante provoque en moi un sentiment qui ressemble à de l’amour. (Je dis « ressemble » seulement, car on n’imagine pas un amour sans relation aucune, sans que l’être aimé s’exprime, ne serait-ce que pour rejeter celui qui aime. La Nature ne fait rien de tel et ne peut avoir une « relation » avec nous).
La pénurie de l’habitat terrestre apte à recevoir durablement les hommes plaide en sa faveur : l’économiste néo-libéral le plus crasse reconnaît que la rareté fait le prix. C’est une loi que nous pouvons prendre au figuré comme au propre : plus une ressource est rare, plus elle devrait non seulement être chère, mais nous être chère. Ainsi nos pauvres cinq pourcents, nos misérables dix millions de milles carrés, deviennent de ce seul fait extraordinairement précieux. Il ne faudrait pas en laisser perdre une miette, d’autant plus qu’on leur demande tout : nous nourrir, nous vêtir, nous abriter et nous fournir de l’énergie ; de recevoir nos villes et nos déchets ; d’accueillir nos morts. Ce sont les seules terres auxquelles nous pouvons imprimer notre culture et il serait bon que nous y réfléchissions à deux fois. »

Ce tout petit pourcentage de terres où nous pouvons vivre est notre jardin… notre bien le plus précieux…

Autour de cette idée de jardins, voilà quelques pensées qui m’animent…

  • l’agriculture urbaine : les jardins en plein air et la production de nourritures à l’intérieur des habitations.
  • La souveraineté alimentaire et les initiatives qui vont dans le sens d’une production locale… même en partie urbaine…
  • Le Bien Commun
  • Les différentes fonctions du jardin dans la ville
  • Les jardins de résistance
  • La notion de « tiers paysage » développée par Gilles Clément et qu’il défini comme  l’ensemble des lieux possibles d’accueil à une diversité par ailleurs en péril.
  • Le privé et le public… la ville, un bien commun
  • Le cultivé et le sauvage: La manière dont la vie sauvage, animaux, plantes, s’approprie la ville et la ville comme refuge de la biodiversité
  • Les limites entre ce qui est maîtrisé et ce qui échappe au contrôle que ce soit sur le plan biologique, architectural, social, culturel, artistique… la ville comme laboratoire, lieu d’exploration et lieu d’expression des brèches, des interstices et des frontières
  • Les frontières, ce qui se situe entre un espace déterminé et un autre
  • Le voyage des graines, les plantes qui se déplacent naturellement ou avec l’intervention de l’homme
  • Le jardin, un prétexte pour apprendre ensemble, regarder, réfléchir, cultiver…
  • Une cartographie des lieux de jardinage possibles
  • Inventaire des plantes alimentaires que l’on trouve en ville
  • Les sentiers, les passages qui relient un lieu vert à un autre pour l’homme et pour les animaux
  • Les notions de co-habitations dans un immeuble, dans un quartier. La co-habitation entre les hommes, mais aussi la co-habitation entre les hommes et les animaux, les hommes et le végétal. Le rôle pacificateur de l’intrusion de la nature dans l’environnement humain-urbain.
  • L’architecture au service du vivre ensemble… les espaces frontières, les espaces poreux pour se rencontrer et pour permettre aux plantes et aux animaux de vivre près de nous.
  • Comment améliorer la qualité de vie en ville sans raser, ce qui souvent synonyme de fin de vie. Comment intégrer, transformer, enrichir et aller vers la faim de vie.
  • Choisir de vivre en ville pour vivre plus sainement.

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